Un lointain été de 1999, Dybex (à l'époque appelée Dynamic Visions) éditait, pour la première fois en français, le manga culte de Go Nagai: Devilman (que vous pouvez aujourd'hui retrouver aux éditions BlackBox).

Nous avions, à cette époque, fait réaliser des couvertures spéciales par un jeune talent japonais, au trait remarquable: Junichi Nakamura (il a d'ailleurs réalisé de très belles couvertures autour de l'ensemble des personnages de Go Nagai, dont une poignée pour notre édition de Goldorak).

De toutes les œuvres du maître, c'est à la fois une des rares achevées, une des plus cultes et probablement celle dont il s'est longtemps réclamé le plus. Elle a beau dater du début des années 1970, elle conserve une modernité étonnante, certainement due à ses thèmes universels.

Pas étonnant que, depuis sa création, elle ait donné vie à de multiples prequels, sequels, spin-offs, séries télés, films... Sans parler des somptueux objets qui sont régulièrement voués à ses personnages cultes: Siren et Akira Fudo / Devilman n'ont cessé de s'incarner dans les traits sculptés par Yasushi Nirasawa, Takaya Takayuki ou Ryu Oyama.

A l'approche du 20e anniversaire de cette publication, impossible de ne pas céder à la tentation de vous proposer de redécouvrir la première véritable adaptation animée de cette œuvre magistrale: les OAV de 1987 et 1990.

Pour adapter ce monument, auteur, éditeur et distributeurs avaient réuni des talents extraordinaires.

Voyez seulement...

Le regretté Kazuo Komatsubara au character design. Celui-là même à qui tant d'auteurs et de personnages doivent leur succès télévisuel (Captain Harlock alias Albator 78, Actarus, alias Duke Fleed, Cutie Honey alias Cherie Miel, Nausicaa de la Vallée du Vent, Galaxy Express ou Tiger mask...).

Kenji Kawai, maître absolu de la bande-originale à la composition musicale.

Masahiro Ando, l'homme au CV infini, à la direction de l'animation. Il n'y a pas un succès auquel il n'ait participé, de près ou de loin.

Et Umanosuke Iida à la réalisation. Lui aussi, nous aura quittés très jeune, mais pas sans avoir laissé son héritage, aussi court que remarquable: de Big O à Cowboy Bebop ou Vandread en passant par Hellsing.

Revoir en haute définition le travail d'orfèvre de ces maîtres de l'animation est un plaisir qui plonge dans une nostalgie infinie. Le trait, restauré à la perfection grâce à la pellicule originale, nous replonge dans ce design typique des années '80. Loin des formes actuelles, stéréotypées et interchangeables à souhait.

Ces dessins, décors, animations, effets spéciaux, entièrement réalisés à la main sont devenus, au fil du temps, comme des tableaux de maître. L'animation, somptueuse, s'avéra tellement coûteuse que la trilogie dut se contenter d'un dyptique, et la disparition de M. Komatsubara porta un coup fatal à la possibilité de voir, un jour, s'affronter Devilman et Lucifer.

C'est donc sur la mort de Siren, guerrière fière et cruelle, que s'achèvent ces deux spectaculaires OAVs, réunis dans cette édition spéciale. Deux disques avec la version française d'époque, ainsi qu'un sous-titrage revu et corrigé pour coller à la version originale.

A l'époque, conserver le matériel de production était chose rare. C'est ce qui explique qu'il ne reste, de ce travail de titans, que l'œuvre elle-même, le reste ayant été dispersé par le temps, et qu'aucun bonus ne vient jamais accompagner les -rares- rééditions de cette œuvre.

Alors, pour donner au temps qui passe un os de plus à ronger, nous avons voulu laisser une trace du démon dans le métal. C'est pourquoi les exemplaires du combo Blu-ray/DVD vendus sur notre site et dans notre marketplace contiendront une pièce commémorative spéciale (1987-2017), à l'effigie du démon tueur de démons inventé par le maître, même si dans son bestiaire, l'argent ne protège pas des démons!